Mention d’honneur Paul Plante décernée à Madame Selma Aïssiou
Crédit : FQSA
Laissez-moi vous parler de l’un des prix les plus prestigieux dans le monde de la pêche à la mouche au Québec, la Mention d’Honneur Paul Plante. «Cette distinction est attribuée à une personne qui a apporté une contribution remarquable à l’avancement de la pêche à la mouche au Québec au cours des ans, surtout en matière d’éducation et de conservation.». Pensez à de grands noms tels que Jeannot Ruel, Serge-J. Vincent, André A. Bellemare, Gérard Bilodeau ou encore Claude Bernard, et vous avez une bonne idée du lignage dans lequel s’inscrivent les lauréats.
Si je vous parle de cette Mention d’Honneur aujourd’hui, c’est que ma partenaire de toujours, Madame Selma Aïssiou, en est l’heureuse récipiendaire pour 2025 et que cela me donne l’occasion de vous présenter son parcours remarquable. D’abord, Selma est kabyle et originaire d’Algérie, où elle pêchait déjà avec son papa. Elle est arrivée au Québec à l’âge de 7 ans et sa famille s’est établie à Verdun. Dès lors, elle s’est mise à sillonner les berges de notre grand fleuve, canne à la main. À l’âge de 13 ans, elle se pointe à la maison des jeunes Point de Mire et s’inscrit au programme d’initiation à la pêche à la mouche pour les jeunes. Elle s’avère vite la plus motivée et la plus douée de tous les élèves et dès l’âge de 15 ans, la grande compagnie de pêche à la mouche britannique Snowbee la remarque et lui offre carrément un poste de «pro staff»!
Durant cette période, elle anime des ateliers et des activités de lancer devant plusieurs dizaines de personnes dans les bassins de démonstration des grands salons de plein air, chasse et pêche de la province. De même, elle monte déjà de superbes mouches dans notre kiosque tout en répondant aux nombreuses questions des badauds ébahis par ses connaissances techniques. Il faut dire qu’à l’époque, nous étions encore très loin du virage féminin et inclusif qu’entame actuellement le milieu de la pêche à la mouche au Québec. Ajoutez à cela que Selma n’avait que 16 ans et vous avez tout ce qu’il faut pour créer un véritable prodige!
Pendant ses études collégiales et universitaires, je l’engage durant trois étés pour diriger mon programme d’initiation à la pêche à la mouche pour les jeunes, ce qu’elle réalise avec brio! Durant cette période, elle fait ses premières couvertures (cover girl) de magazines, en plus de participer à de nombreuses émissions de radio et de télévision pour promouvoir notre sport. En 2012, elle est l’une des trois premières femmes québécoises à obtenir le grade d’instructrice de lancer certifiée (CI) par la prestigieuse Fly Fishers International. À la même époque, elle change d’allégeance et devient «pro staff» pour la célèbre compagnie américaine Sage.
Un peu plus tard, elle devient enseignante au primaire et depuis, elle anime des ateliers de pêche et de montage de mouches dans toutes ses classes. En prime, elle met à profit ses compétences pédagogiques dans le cadre des évènements de mentorat féminin et mixte de la Fédération québécoise pour le saumon Atlantique (FQSA) où elle a initié plusieurs novices à la pêche au roi de nos rivières. Incidemment, elle s’est même impliquée quelques années comme représentante de Montréal sur le Conseil d’Administration de la FQSA.
Selma et sa fille Ellie sur le bord d’une petite rivière poissonneuse canne à mouche à la main…
Enfin, Selma est ma photographe attitrée depuis 2006. Elle m’accompagne dans pratiquement toutes mes aventures et pêche absolument toutes les espèces de poissons aux quatre coins du monde. Il y a quelques années, elle a rencontré son idole de jeunesse, madame Joan Wulff, une légende de la pêche à la mouche au féminin qui l’inspire depuis toujours et aujourd’hui, c’est à son tour d’être reconnue à sa juste valeur avec la prestigieuse Mention d’Honneur Paul Plante. Bravo Selma! Tu es une véritable pionnière et il va sans dire que cette distinction est pleinement méritée.