Le fusil semi-automatique ambidextre «Sorix» par Weatherby
Lancé en 2024, le Weatherby Sorix matérialise le rêve du plus avide des amateurs de sauvagine en matière de fusil, par sa grande qualité et ses spécificités d’avant-garde. En début d’année passée, à cause d’un grave accident de la route m’obligeant à être hospitalisé pendant quelques semaines, puis à être en réhabilitation par la suite pour plusieurs mois, je n’avais malheureusement pas pu le tester au début 2025. Il a donc fallu que j’attende d’être à nouveau sur pieds pour enfin pouvoir l’essayer. Étant plus fonctionnel par la suite, les gens de la Cie Weatherby m’ont fait gracieusement parvenir un 12 Sorix en début d’automne passé, histoire que je puisse aussitôt le mettre au banc d’essais durant la saison de migrateurs.
De conception Italienne, le Sorix est fabriqué par la réputée Cie C.D. Europe, anciennement sous le nom de Marocchi, qui est plus familière chez nous sous cette appellation. Utilisant le système par inertie solide et très fiable de Weatherby, plus précisément une version optimisée de celui de son modèle précédent le 18i, (par ailleurs toujours sur le marché et très apprécié pour sa fiabilité sur le terrain) le Sorix brille par cycle son doux et rapide. Bien que la fabrication initiale soit faite en Italie, la finition complète, comprenant les revêtements Cerakote et les motifs camouflages peints à la main ou par hydrographie (sur un modèle) est réalisée à l’usine de Weatherby dans l’État du Wyoming aux États-Unis.
Une de ses particularités provient du fait qu’il est le seul et l’unique fusil semi-automatique à pouvoir être utilisé de façon ambidextre. En effet, sur le côté gauche du boîtier de culasse, on retrouve une ouverture en glissière latérale, un concept appelé SHIFT SYSTEM (SS) par le fabricant. Le concept du SS permet donc au tireur dans une fraction de seconde de pouvoir retirer la poignée de culasse et de l’insérer de l’autre côté pour obtenir une opération gauchère sans faille. Évidemment, l’éjection et le chargement de la chambre se font toujours du côté droit, mais avoir la possibilité d’échanger le contrôle principal de culasse est un avantage indéniable pour les gauchers et rend ce fusil encore plus versatile. Le cran de sûreté est également réversible ce qui est en soit un autre point favorable dans cet ordre d’idée.
Sur le côté gauche du boîtier de culasse, on retrouve une ouverture en glissière latérale, permettant au tireur de pouvoir retirer la poignée de culasse et de l’insérer de l’autre côté pour obtenir une opération gauchère sans faille.
Dès que j’ai eu la chance de sortir le Sorix de son emballage, une fois assemblée, j’ai immédiatement pu constater son bel équilibre et son poids relativement confortable. La poignée de culasse est surdimensionnée ainsi que les ports de chargement et d’éjection en plus de la sûreté, ce qui facilite agréablement les opérations, et qui est très avantageux aussi par temps froids, notamment si on porte des gants.
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Sur le Sorix, la poignée de culasse ainsi que les ports de chargement (A) et d’éjection (B) sont surdimensionnés.
Disponible en jauge 12 et 20, le Sorix est conçu pour être utilisé avec des cartouches jusqu’à 3 ½ pouces en version 12 et en 3 pouces pour la version 20. Une fois sur le terrain, j’ai procédé à plusieurs tests avec divers formats de cartouches, de la petite charge légère d’une once de plomb avec 2 ¾ drachmes de poudre jusqu’à la grosse 3½ pouces avec 1 3/8 once de projectile d’acier, sans aucune mal fonction ou problème de cycle durant le processus. J’ai aussi effectué des essais avec diverses marques de cartouches en mélangeant marques et longueurs distinctes, et encore là, aucun problème de fonctionnement n’est survenu.
Durant les essais, un seul mauvais fonctionnement s’est produit alors que durant un segment j’utilisais des cartouches Winchester Xpert Snow Goose en 3 ½ pouces. Ces cartouches provenaient de la première mouture du produit qui m’avait été envoyée par Olin il y a plusieurs années de ça. Cependant, je sais qu’a un moment donné, la compagnie avait émise un rappel pour ce produit pour un problème de douilles sur un lot en particulier et je suspecte que le problème de cycle en soit débiteur. Cela dit, c’est un problème de manufacture qui peut arriver à n’importe laquelle compagnie, à un moment donné.
Par la suite en situation de chasse, j’ai utilisé le Sorix aux bernaches dans multiples occasions. Puis aussi à l’oie blanche durant des matinées où les oiseaux coopéraient très bien et où les tirs soutenus multiples auraient pu causer mal fonction, mais rien de négatif n’est survenu. Encore là, sur le terrain, j’ai procédé avec diverses cartouches sans que je constate la moindre défaillance au niveau du cycle autant qu’avec le rechargement qui d’ailleurs est fort agréable avec le port de chargement surdimensionné de ce fusil.
Belle chasse à l’oie blanche réalisée avec le fusil Sorix.
Grand amateur d’action par inertie, j’ai été d’ailleurs fort surpris de constater à quel point le cycle du Sorix est doux comparativement à celui d’autres fusils que je teste fréquemment. D’ordre général, l’action par inertie s’attire mes faveurs par-dessus celle par emprunt des gaz. Notamment pour la chasse à la sauvagine du fait que la maintenance de ce type de mécanisme est beaucoup plus simple, facile et qu’il est généralement beaucoup moins capricieux par temps froid. Par ailleurs, le niveau d’encrassement faible sinon nul d’un fusil actionné par inertie comparativement à celui d’un fusil actionné par récupération des gaz joue en sa faveur en ce qui me concerne. Cela demeure un choix personnel.
Comme je le mentionnais un peu plus tôt, le Sorix est disponible en jauge 12 et 20 pour un poids de 7,1 lb pour le 12 et de 6,5 lb pour le 20. Chacun arrive avec un canon de 28 pouces équipé du système d’étranglements bien connu Crio Plus (5 en tout : cylindre, cylindre amélioré, modifié, modifié amélioré et complet ou full) qu’on retrouve aussi chez Benelli et Beretta. L’efficacité de ce système d’étranglement repose sur un traitement cryogénique qui aide à réduire la friction ce qui augmente la régularité des gerbes. Outre un traitement au Cerakote résistant sur le boîtier de culasse et le canon, la crosse et le fût sont en composite texturé à certains points pour augmenter l’adhérence et sont disponibles en quatre finis soit: Midnight Marsh, Slough, Storm ou en Mossy Oak New Bottomland.
Le Sorix est offert en plusieurs finis dont les Storm, Midnight Marsh et Slough illustrés ici.
En définitive, le Weatherby Sorix est fait pour durer et conçu pour affronter les pires éléments qu’on puisse rencontrer lors de la poursuite des migrateurs dans toutes les conditions imaginables. Le sauvaginier qui décide de se laisser tenter risque de ne pas être déçu jusqu’à en vouloir un deuxième par la suite…