Mes premiers pas avec le Livescope de Garmin*
Quel pêcheur ne connaît pas la nouvelle technologie de sonde de sonar avec affichage en temps réel (Live)? La plupart des compagnies importantes de sondeurs de fond ont d’ailleurs mis sur le marcher ce type de nouvelles sondes révolutionnaires. De mon côté en 2025 j’ai eu la chance de tester la sonde Livescope Plus GLS10- LVS 34 de Garmin lors de quelques sorties de pêche au mois d’août. Je remercie d’ailleurs les gens de Garmin Canada qui nous ont fourni la fameuse sonde pour les essais.
Concernant le sonar, j’avais déjà un modèle compatible Échomap de Garmin. À ce chapitre attention, car certains modèles plus anciens ne sont pas compatibles avec la technologie Live. Il faut se renseigner auprès de personnes compétentes pour s’assurer de la compatibilité de notre écran avant d’acheter la sonde.
Il faut s’assurer d’avoir un appareil compatible avant de faire l’achat d’une sonde Livescope.
Un «game changer»…
Mon premier commentaire après avoir essayé cette nouvelle technologie c’est WOW! Ce n’est plus un simple sonar avec affichage abstrait en temps décalé que l’on a, mais bien ce qui se rapproche le plus d’une caméra sous-marine, sans les désavantages du câble… Sérieusement, l’affichage est tellement précis qu’on peut même faire la distinction entre des espèces aux formes très différentes comme le doré et le brochet. Je me souviens même d’avoir «callé la shot» à quelques reprises l’été dernier en voyant arriver des gros brochets qui fonçaient sur mon leurre ou ceux de mes accompagnateurs…
Selon ce que j’ai pu expérimenter, non seulement notre affichage est en temps réel, mais il est aussi beaucoup plus précis pour détecter la présence des poissons. Les dorés par exemple se présentent le plus souvent sous la forme d’une masse légèrement trapue et allongée qui bouge sans arrêt et notez-le bien, de dimension proportionnelle à sa taille réelle. Il est donc possible de faire la distinction entre les petits et les gros poissons. Un avantage indéniable lorsqu’on cible justement les gros spécimens…
À une certaine époque je n’utilisais les sonars que pour connaître la profondeur et je m’importais peu de la présence supposée de poissons apparaissant comme de vulgaires petits carrés ou lignes droites à l’écran. Bien souvent ces apparitions n’étaient en fait que des débris inertes ou encore pire de simples interférences se traduisant par des supposés poissons. Combien de fois j’ai vu des pêcheurs ancrés dans 10 pi d’eau me dire que leur écran était littéralement rempli de poisson… À chaque fois je me disais «pauvre gars, si y savait qui pêchait dans le vide…».
Toutefois avec l’évolution des machines devenant de plus en plus puissantes et précises j’ai commencé à utiliser mes sonars pour détecter les poissons et éviter justement de pêcher dans le vide. Il ne fait aucun doute qu’un bon sondeur de fond récent même sans sonde Live est, et sera toujours, d’une aide précieuse pour le pêcheur. Toutefois il faut bien l’avouer, l’avènement de ces nouvelles sondes en temps réel nous fait rentrer dans une nouvelle ère de la pêche.
Un détecteur de l’humeur des poissons
Avec une sonde Livescope, on voit non seulement les poissons bouger en temps réel à l’écran, mais en plus on voit clairement le leurre se dandiner parmi les poissons (lorsqu’on pêche à la jig bien sûr). Notre écran devient alors rapidement un baromètre de l’humeur des poissons car si jamais ils sont en mode négatif, bien souvent ils fuiront carrément à l’approche du leurre qui descend vers eux. Ou encore s’ils sont au repos ils pourront aussi simplement demeurer totalement indifférents à la présence du leurre parmi eux. C’est il y a deux ans lors d’une journée de pêche avec le guide Sylvain Danis au lac Lenôtre au Domaine Shannon que j’ai vu pour la première fois l’affichage d’une sonde Livescope. La pêche était nulle et je n’en revenais tout simplement pas de la quantité de dorés qui nageaient près du fond sans porter attention à nos leurres. Sans l’affichage Live, j’aurais vraiment cru que l’endroit était vide de poisson et pourtant…
Mais justement le fait de voir les poissons ignorer nos leurres devient un énorme avantage, car on peut alors faire des changements de présentation en variant la taille, le poids, la forme et la couleur de ceux-ci et vérifier la réaction des poissons. La manière de bouger le leurre (lentement, rapidement ou par saccades) pourra aussi jouer dans l’équation et permettre d’en arriver à déclencher l’attaque des poissons. Ce genre de tests seraient impossible sans l’affichage Live ou sinon beaucoup plus laborieux.
L’affichage en temps réel permet de voir la réaction en direct des poissons exposés à nos leurres et d’effectuer rapidement des ajustements lorsqu’ils semblent inefficaces.
Et même lorsque les poissons sont en chasse (je vous assure qu’on s’en aperçoit rapidement à l’écran et sur nos lignes…), on peut tirer profit de l’affichage Live en variant nos présentations pour en arriver à trouver la méthode la plus efficace.
Trois modes de visualisation
Les sondes Garmin LiveScope offrent principalement trois modes d’affichage: Down (vers le bas), Forward (vers l’avant) et Perspective (perspective).
De manière plus précise l’affichage Down offre une vue verticale sous le bateau, idéale pour voir les structures proches et les poissons sous l’embarcation, y compris le leurre.
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A : illustration de la surface couverte par la sonde Live en affichage Down. On remarque que le faisceau est long (135 °), mais étroit (20 °). B : Affichage à l’écran du sonar en mode Live Down.
Le mode Forward balaye devant le bateau, montrant les poissons et les structures à distance, excellent pour la prospection et le ciblage de cibles précises à distance «sharp shooting».
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A : illustration de la surface couverte par la sonde Live en affichage Forward. On remarque que le faisceau est dirigé vers l’avant. B : Affichage à l’écran du sonar en mode Live Forward..
Enfin le mode Perspective offre une vue en plongée parfaite pour voir les poissons à distance devant le bateau, comme une vue aérienne.
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A : illustration de la surface couverte par la sonde Live en affichage Perspective. On remarque que le faisceau est dirigé vers l’avant, mais contrairement au mode Forward ce faisceau est large, mais moins haut. Idéal pour les zones peu profondes. B : Affichage à l’écran du sonar en mode Live Perspective…
De mon côté, comme j’en étais à mes premiers pas (et que j’ai testé la sonde Livescope au mois d’août), j’ai exclusivement essayé le mode Down et j’ai vraiment beaucoup aimé pour voir exactement ce qui se passe sous le bateau… Je dois aussi avouer que j’ai manqué un peu de temps pour me familiariser avec les autres modes qui semblent vraiment tout indiqués pour les situations où on désire explorer certaines structures au lancer et d’une certaine distance pour éviter d’effrayer les poissons. Pour un pêcheur de doré comme moi, ce sont souvent des conditions que l’on rencontre en première moitié de saison lorsque les poissons sont à relativement faible profondeur et qu’ils n’ont pas encore regagné leurs repères de milieu et de fin de d’été en profondeur. J’ai d’ailleurs vraiment hâte au printemps pour mettre à l’essai les modes Forward et Perspective.
Une pole directionnelle et amovible…
Pour jouir pleinement de la sonde Livescope de Garmin, cette dernière doit être ajustable pour permettre de la diriger dans différentes directions. Certains pêcheurs (souvent d’achigan) installent la sonde après la tige de leur moteur électrique à l’avant du bateau. De cette manière lorsqu’ils sont en mode Down ou Forward, ils n’ont qu’à utiliser leur manette (au pied ou à la main) pour faire tourner le pied du moteur et ainsi diriger le faisceau de la sonde Live dans la direction désirée.
Installation d’une sonde Livescope sur le pied d’un moteur électrique installé sur la proue de l’embarcation.
Toutefois plusieurs pêcheurs, et c’est mon cas, préfèrent installer la sonde au bout d’une perche amovible et directionnelle que l’on installe après le plat bord sur le côté du bateau. Pour un capitaine qui utilise un moteur à barre franche ou même pour celui avec un volant, mais qui utilise moins le moteur électrique en conduite sur la proue, l’utilisation d’une pole est beaucoup plus pratique. En effet lorsque celle-ci est près de nous, il est plus facile de l’ajuster selon nos besoins du moment. En plus, de cette manière lorsqu’on termine de pêcher à un endroit donné, on n’a qu’à la sortir de l’eau et rentrer la sonde dans le bateau pour changer rapidement de site sans risquer de l’abimer. Et personnellement j’aime bien le caractère portable de la pole qui me permet de la transporter partout avec moi lors de mes reportages de pêche.
Installation de pêche multi-écrans avec en arrière-plan la pole directionnelle pour la sonde Livescope.
Avec une pôle amovible, on n’a qu’à la sortir de l’eau et la déposer à l’arrière de l’embarcation lors des déplacements.
Un bras de sonde «home made»…
Avant de faire l’achat d’une pole, je me suis mis à fouiller dans mes vieux équipements pour voir si je ne serais pas en mesure de m’en fabriquer une. J’ai mis la main sur un vieux support de downrigger amovible se fixant sur le côté d’un bateau avec des pinces à serre. En prenant exemple sur les perches existantes, j’ai trouvé dans un de mes cabanons un long manche de balayeuse de piscine en aluminium que je n’utilisais plus en raison de l’achat d’une nouvelle piscine. En la coupant à la bonne longueur (environ 60 po) j’étais en affaire comme on dit. Il me manquait alors quelque chose pour relier la pole au support et en fouillant sur internet j’ai commandé un bras de type double ball mount (Ram Mount) qui comme son nom l’indique, grâce à ses deux boules et sa pince de serrage centrale, permet des ajustements dans pratiquement toutes les positions. Ensuite pour permettre à la pole de tourner sur elle-même, j’ai coupé un bout de tuyau ABS avec un diamètre légèrement plus grand que la tige en aluminium et je l’ai inséré sur la pole à la hauteur souhaitée (varie selon la taille et la hauteur du bateau). J’ai ensuite percé la pole à deux endroits pour être en mesure d’insérer une vis avec écrou permettant de plonger la sonde à deux profondeurs différentes (selon la taille du bateau utilisé). Enfin, j’ai fixé le bras Ram Mount au bout de tuyau ABS avec des colliers de serrage pour les tuyaux. Il ne me restait qu’à installer la sonde après la pole en suivant les indications simples fournies dans l’emballage. Et voilà! J’étais prêt à partir à la pêche avec mon Livescope…
Ma pole de Livescope «home made».
Mes premières armes…
Comme mentionné précédemment en 2025 j’en étais à mes premières armes avec le Livescope de Garmin. Même s’il s’agit d’un appareil électronique ultra perfectionné, une fois que la sonde est installée et que tous les branchements sont effectués (incluant ceux avec la boite noire GLS 10 incluse), l’affichage sur le sonar de l’écran Live demeure assez facile à interpréter. Après quelques heures d’utilisation sans rien toucher de peur de faire une gaffe… j’ai réalisé qu’il n’était pas si sorcier de jouer avec l’ajustement de la sensibilité et là Euréka… En baissant cette sensibilité, mon écran est soudainement devenu beaucoup plus nette et dénuée d’interférences m’empêchant de bien voir les poissons.
Exemple de visibilité des poissons avec la sonde Livescope de Garmin avant les ajustements de la sensibilité (A) et après les ajustements (B).
Attaque en direct d’un doré avec le Livescope.
Outre la sensibilité, il existe toutefois plusieurs autres ajustements et fonctionnalités très intéressantes à connaître pour jouir pleinement du Livescope et dans les faits de tout sonar/GPS récent. Pour ce faire on peut essayer de se taper le livre d’instruction, mais encore plus simple pourquoi ne pas prévoir une petite formation avec un pro? Mon ami guide de pêche et collaborateur au magazine, Patrick Therrien, offre d’ailleurs ce genre de cours théorique et pratique. Le cours est sur les sonar/GPS et inclut bien sûr une portion sur la technologie Live. Si vous êtes intéressés, je vous invite à cliquer sur le lien suivant pour réserver votre place (cours sonar/GPS). De mon côté je compte bien donner un coup de fil à Patrick avant le début de la prochaine saison de pêche…
Anecdotes de pêche
C’est lors de mon reportage à la pourvoirie les Chalets Gouin au réservoir du même nom que j’ai fait mes premiers pas avec le Livescope. J’avais apporté tout le kit avec moi, c’est-à-dire (outre mon sonar Échomap Garmin, sa sonde et sa batterie), ma sonde Live, ma boite noire GLS-10, une batterie supplémentaire et le filage nécessaire pour brancher tout ça dans la petite embarcation incluse avec le forfait… Je dois avouer que ça faisait un paquet de fils et de branchages à gérer et au début c’était un peu le bordel quand venait le temps de passer un beau doré dans le filet… Mais après une période d’adaptation les avantages incroyables de la sonde Live pour la pêche prenaient amplement le dessus sur les inconvénients logistiques de l’installation temporaire dans l’embarcation en location…
Même si il est tout à fait possible de pêcher le doré avec succès sans l’apport d’une sonde Live, je dois avouer que cet outil révolutionnaire est d’une efficacité incroyable pour trouver rapidement les poissons et cibler les gros. J’ai plein d’exemples en tête qui me reviennent, mais pour faire une histoire courte voici une anecdote que j’ai vécue l’an dernier au Gouin. En arrivant à vitesse lente dans une baie profonde (22 pi) je commence à scanner le fond avec la sonde Live. Je cherche des gros dorés et je tourne la pole de manière à bien couvrir tous les angles. En effet il ne faut pas oublier que le faisceau (en mode Down) de la sonde couvre une bonne longueur, mais n’est pas très large d’où l’intérêt de faire pivoter la sonde. Tout à coup, j’aperçois ce qui m’apparaît comme un gros doré. Je descends alors ma jig car le poisson semble se trouver de mon côté. Je vois la dandinette se rapprocher du poisson à l’écran et instantanément le gros doré se dirige vers celle-ci. Je me prépare car l’attaque semble imminente. Bang! Je ferre et je suis aux prises avec un superbe doré. Incroyable! Presque comme dans un jeu vidéo…
Gros doré aperçu avec la sonde Livescope et capturé peu de temps après par l’auteur.
Quelques belles prises réalisées à l’aide du Livescope au cours des deux dernières années. En A un beau doré leurré par Sylvain Danis de la pourvoirie Domaine Shannon et en B une belle grise capturée par le père de l’auteur, lors d’une pêche en compagnie du guide Patrick Therrien au Lac Memphrémagog.
* Pour en apprendre plus sur les sonars/GPS et le Livescope, je vous invite à consulter l’article de mon collègue Patrick Therrien « SONAR-GPS | Les différentes technologies pour le pêcheur ».





