L’ami de l’auteur, Jean L’Ecuyer, avec un énorme doré de plus de 30 po de longueur capturé au réservoir Dozois en deuxième moitié de saison.
Doré: stratégie saisonnière pour un maximum de succès!
Mon poisson-nageur vient à peine de commencer à nager dans le courant de cette rivière, que ma canne se plie brusquement sous une forte tension. Entre la force de l’eau et les solides coups de tête de mon adversaire, une lutte musclée s’engage. Une lutte qui prendra fin après un long bras de fer, lorsque mon paternel finit par puiser un superbe doré, qui doit frôler les 30 po. Un spécimen qui après une rapide photo retrouve vite son domicile aqueux…
Mais détrompez-vous, ce n’est pas au fin fond d’une réserve isolée du nord que ce monstre a mordu, mais bien aux portes de Montréal. C’est plus précisément dans le lac des Deux-Montagnes que ce combat a eu lieu, prouvant une fois de plus que le sud de la province cache des trophées surprenants. Par contre les meilleures périodes de pêche se concentrent au printemps et à l’automne alors que la période estivale est souvent moins productive.
S’adapter à la période
Pour connaître un succès ininterrompu durant toute la saison de pêche, ma stratégie est donc simple: je fais preuve d’opportunisme. C’est-à-dire que durant la saison je remonte vers le nord, du Saint-Laurent parfois jusqu’au lac Mistassini, pour toujours pêcher là où le doré est le plus actif. En gros je monte vers le nord à mesure que la qualité de pêche diminue au sud.
- Le Sud (mai-juin): pour moi tout commence sur la rivière des Outaouais ou le lac des Deux-Montagnes. Pour d’autres ce pourrait être le fleuve et ses élargissements. Si le printemps est tardif, je reste près des frayères. Si c’est hâtif, je cherche les routes de migration.
- Le «Peak»: la meilleure période arrive souvent entre le début juin et la Saint-Jean; c’est le moment fort. L’eau frôle les 20 °C et la frénésie alimentaire s’installe dans les bancs de dorés.
- Le secret: ne pêchez pas trop creux! Les gros spécimens se tiennent souvent entre 8 et 12 pi (et parfois même beaucoup moins), là où la nourriture circule (herbiers et talus), plutôt que dans les fosses.
Quand ça devient trop calme au sud en plein été, je ne m’acharne pas: je mets le cap sur le nord pour retrouver des conditions plus faciles.
Le père de l’auteur avec un beau doré capturé dans la première semaine de juin dans le sud du Québec. Une période normalement très productive à cette latitude.
Le Moyen-Nord (Mont-Laurier au réservoir Gouin)
Dans ce secteur, tout est une question de décalage. Selon l’endroit, l’ouverture arrive entre la mi-mai et le début de juin, et la frénésie alimentaire se déplace généralement entre la Saint-Jean et la mi-juillet.
- L’influence du milieu: si la profondeur «magique» se situe souvent entre 10 et 20 pi, il faut rester aux aguets. La clarté de l’eau, le vent et surtout le garde-manger (poisson-fourrage) dictent la loi.
- L’exception qui confirme la règle: ne restez pas accrochés à vos certitudes! À titre d’exemple il y a plusieurs années un 25 juin lors d’une journée calme et ensoleillée dans le secteur Joncas de la réserve La Vérendrye, après avoir tout essayé j’ai trouvé en désespoir de cause les dorés là où on ne les attendait pas du tout: entre 28 et 35 pi…
- La leçon: le doré se moque parfois de son confort thermique (sa zone de température préférée) si la nourriture se trouve plus creuse ou moins creuse. Si ça ne mord pas dans 15 pi, n’ayez pas peur de sonder les profondeurs ou encore les secteurs très peu profonds.
L’auteur a capturé ce beau doré à la pourvoirie du Lac à l’Ours Blanc en milieu d’été à très faible profondeur.
Le Nord (au-delà du réservoir Gouin)
Ici, la saison commence tard (début juin), mais le vrai cadeau, c’est la durée de la bonne période. Contrairement au sud, une fois que la frénésie est lancée en juillet, la qualité de pêche ne dérougit pas jusqu’à la fin de l’été.
- Le mois d’août: c’est mon moment préféré. La compétition est souvent rare sur l’eau, et les dorés affichent alors régulièrement une taille moyenne supérieure qu’au printemps.
- La profondeur: oubliez les règles fixes. La température de l’eau y joue un rôle moins critique. Je pêche souvent entre 6 et 18 pieds, mais il faut rester prêt à tout.
- L’expérience Mistassini: dans ma carrière de pêcheur, j’ai eu la chance de visiter le grand lac Mistassini à plusieurs reprises et je peux vous assurer que la pêche aux percidés y est toujours incroyable, peu importe le moment de la saison. Mais même à cette latitude, il faut faire preuve de polyvalence. Une journée, les dorés peuvent s’empiler dans 8 à 12 pi sur une pointe et le lendemain, sans changement météo apparent, ils chasseront dans 22 à 28 pi près d’un esker. Ainsi va la bouffe, ainsi vont les dorés…
Deux beaux percidés capturés par un ami de l’auteur, Daniel Hatin, lors d’un voyage au lac Mistassini il y a quelques années. Rares sont les journées où les dorés ne sont pas actifs à cette latitude…
Pour conclure
Ceux qui ont la chance de se déplacer du sud vers le nord pour pêcher le doré avec l’avancement de la saison sont choyés, car les périodes creuses durant lesquelles notre percidé adoré fait la fine gueule deviennent rares. Mais gardez en tête que rien n’est jamais coulé dans le béton. Le succès appartient souvent à ceux qui gardent l’esprit bien ouvert. Maintenant à vous d’établir votre plan de match afin d’optimiser vos résultats lors de votre saison de pêche au doré.
Bonne pêche!