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CHASSE ET PÊCHE

Texte, photos et vidéos, Richard Monfette, Louis Turbide et Alain Cossette

Doré et orignal à la pourvoirie
Lac à l’Ours Blanc

Ayant un voyage de chasse à l’orignal de prévu à la pourvoirie Lac à l’Ours Blanc au nord de Parent en septembre 2025, nous avons décidé d’y réserver un séjour de pêche au doré du 13 au 18 juillet histoire de se familiariser avec notre nouveau territoire et de bien sûr se faire tirer la ligne par quelques succulents dorés.

Pour l’occasion, j’avais demandé à mon ami Sylvain Desjardins de nous accompagner car y ayant déjà guidé et pêché à de multiples reprises, son expérience ne pouvait que nous être bénéfique dans notre quête de gibiers et de poissons. Le groupe se composait donc de Sylvain, Alain, Louis, Daniel et moi-même.

Notre guide Sylvain Desjardins connaît le territoire de la pourvoirie du Lac à l’Ours Blanc comme le fond de sa poche. Il pose ici avec un beau doré leurré durant le séjour.

Un territoire exclusif et facile d’accès

Le territoire de la pourvoirie du Lac à l’Ours Blanc est à droits exclusifs et d’une superficie de plus de 115 km2. Sa topographie est ondulée et avec la présence de nombreuses coupes forestières de différents âges, l’habitat est idéal pour y retrouver une bonne population d’orignaux. On y dénombre une multitude de lacs de dimensions variées occupés en majorité par le doré et le brochet, mais aussi par la truite mouchetée, le touladi et la moulac. De notre côté nous avons pêché seulement le doré et le brochet, mais on se promet bien de taquiner les truites aussi lors d’un prochain périple.

La pourvoirie est située à courte distance du village de Parent en Mauricie au sud du réservoir Gouin. De chez-moi, (Saint-Colomban dans les Basses-Laurentides) on y accède par l’autoroute 15 (qui devient la 117), puis le chemin de Parent tout juste après Mont-Saint-Michel. Selon Google Map le trajet est de 394 km (dont 188 km de chemin forestier) et la durée d’environ 5 h 16 min (variable selon la circulation). Ceux qui partent de Québec doivent passer par La Tuque et suivre les indications. Toujours selon Google Map, dans ce cas la distance de chemin forestier est d’environ 187 km et la distance totale de 437 km pour une durée de 5 h 22. Comme mentionné dans un précédent reportage au réservoir Gouin, lors de mes deux passages sur le chemin de Parent en 2025, la route forestière était en excellente condition.

Installations équipements et services

Seul le plan européen est offert à la pourvoirie du Lac à l’Ours Blanc. Vous devez donc apporter tout le nécessaire pour faire la popote. Sur le site principal on retrouve 7 chalets confortables et une quinzaine au total avec ceux destiné à la chasse à l’orignal. Celui qui nous avait été attribué (chalet 8) pouvait accueillir au moins 8 personnes et était équipé de deux salles de bain d’une cuisine complète avec cuisinière et deux réfrigérateurs. Il y avait donc amplement d’espace pour garder bien au froid les aliments périssables (ou les breuvages..) de tout le groupe, de même que les prises durant le séjour. Sur le site principal les chalets sont alimentés à l’électricité (génératrice) et au besoin on peut y recharger les batteries des sonars. Un BBQ avec gaz propane est aussi fourni avec le chalet.

Photos de notre chalet et de son intérieur, ainsi que du grand quai sur le lac principal vu de la berge et du large.

Concernant la pêche, vous devez apporter votre moteur hors-bord (possibilité d’en faire la location sur place). Les chaloupes sont toutefois fournies avec les forfaits. Leur longueur varie selon les plans d’eau. Ah oui, le Wi-Fi est disponible sur le site et même dans plusieurs chalets.

Les chaloupes sur les différents lacs sont de longueur variable et adaptées aux plans d’eau. De mon côté j’avais apporté un petit moteur de 4 ch., mais il est aussi possible d’en faire la location sur place.

Et la pêche!

Pour débuter le séjour, suite aux recommandations de mon ami Sylvain, pendant qu’il allait tenter sa chance sur le lac principal (Lac de l’Ours Blanc) en compagnie de Louis et Alain, Daniel et moi nous dirigeons vers le lac Porc-Épic; un petit lac accessible via le plan d’eau principal et nécessitant un court portage.

Nous tentons notre chance le long d’un escarpement qui semble propice dans une quinzaine de pieds de profondeur. Même si j’y aperçois quelques poissons sur mon sonar Garmin, impossible de les convaincre de mordre. Le temps passe et nous devrons bientôt retourner au lac principal car Sylvain doit aller nous montrer notre territoire de chasse en après-midi.

En désespoir de cause je lance ma dandinette (un Suspect de Rapala de couleur noir) sur le plateau près de la rive et commence à la faire sautiller sur le fond tout en la récupérant. Tout juste avant qu’elle ne tombe dans l’escarpement, je ressens une solide morsure et je ferre par instinct. La canne se ploie comme si je venais de me prendre au fond, mais lorsque ce dernier se met à bouger je comprends que je tiens une belle prise.

Le combat à faible profondeur est intense car le poisson ne peut se sauver en profondeur. Il cherche à s’éloigner du bateau et pendant un court instant je me demande si je ne suis pas aux prises avec un beau brochet. Mais lorsque pendant un coup de queue nous voyons la tache blanche typique sur la queue du poisson nous savons qu’il s’agit d’un gros doré. À la troisième tentative d’approcher le poisson doré du bateau mon collègue Daniel, de main de maître, passe le filet sous ce dernier et lorsqu’il pénètre tête première je lance mon «Yesss Sirrr» traditionnel lorsque je prends un doré digne de mention (voir photo en ouverture d’article)…

Nous sommes alors un peu en retard sur l’horaire, mais après une si belle prise difficile de quitter le lac sans essayer quelques derniers lancers… Nos dandinette retournent donc rapidement à l’eau dans le même secteur qui abritait ce beau spécimen et… Dame chance me sourit encore avec un autre doré de belle taille. Celui-là est doté d’une robe noir foncé plutôt atypique. Amateur de gros dorés je suis aux Anges et nous nous promettons bien de revenir tenter notre chance sur ce lac plus tard dans la semaine.

En peu de temps l’auteur  a capturé deux dorés de belle taille à très faible profondeur sur le lac Porc-Épic dont celui sur la photo doté d’une robe noire foncée.

Nous rejoignons Sylvain et les autres sur le lac principal et ce dernier nous apprend que la pêche a été plutôt difficile et qu’ils n’ont pris que quelques dorés bons pour la soupe. Sylvain m’indique qu’il voyait beaucoup de dorés sur les structures dans une vingtaine de pieds de profondeur, mais que ces derniers refusaient de mordre. Il est alors surpris d’apprendre que nous avons pris deux beaux dorés dans moins de 5 pi de profondeur… Mais même si les dorés étaient plutôt boudeurs, Sylvain a tout de même déjoué un beau brochet comme il le démontre sur la photo ci-dessous.

Notre guide Sylvain Desjardins avec un beau brochet leurré sur le Lac de l’Ours Blanc.

MODE DE GESTION AVEC QUOTAS

Contrairement à plusieurs autres endroits de pêche, la pourvoirie du Lac à l’Ours Blanc n’est pas soumise aux contraintes du plan de gestion du doré. En effet, étant donné que les prélèvements sont régis par des quotas, il n’y a aucune limite de taille à respecter pour le doré sur les différents plans d’eau de ce territoire à droits exclusifs. Même si les responsables invitent les clients à gracier les gros géniteurs, il est tout de même permis de garder les dorés de toutes tailles. Et par ricochet pas besoin de procéder à la mise en filet de type portefeuille. On doit simplement s’assurer de garder un bout de peau sur les filets pour qu’il soit possible d’identifier l’espèce.

Durant le reste du séjour, entre les périodes de prospection pour l’orignal, nous avons tout de même pu visiter plusieurs autres lacs dont le Lorette qui se trouvent tout près du site principal et le Boisson. C’est vraiment sur ce dernier que nous avons réalisé nos plus belles pêches. Et c’est encore une fois en pêchant à très faibles profondeurs que nous avons tiré notre épingle du jeu.

Je me souviens en particulier d’une petite île qui dépassait à peine au-dessus de l’eau et qui était bordée d’une bathymétrie en escalier sur son pourtour. Nous lancions nos dandinettes pratiquement sur la terre ferme et après une ou deux saccades, alors que la jig devait se trouver dans à peine 2 ou 3 pi de profondeur, Bang! Et pas des ménés, de supers beaux percidés en chasse, en pleine journée par une météo clémente avec un ciel partiellement dégagé et même des percées de soleil fréquentent et le tout à la mi-juillet…

A

Ajoutez le texte de votre infobulle ici

B
Ajoutez le texte de votre infobulle ici

Deux beaux dorés capturés lors du reportage. Le premier par Daniel au lac Boisson (A) et le deuxième par le rédacteur en chef du magazine, Louis, au lac Porc-Épic (B) lors de la dernière journée du voyage par un temps de canard. D’ailleurs Sylvain nous avait bien dit que la pêche était meilleure sur ce lac lors de journée pluvieuse.

Je dois avouer que je n’avais pas rencontré ce genre de situation très souvent. Mais à la pêche si on veut avoir du succès il faut toujours être prêt à s’adapter. Lors de ce périple, des pêcheurs qui n’auraient pas tenté leur chance à très faible profondeur auraient simplement dit que la pêche est mauvaise et seraient retournés à la maison avec leur petit bonheur…

De notre côté grâce aux précieux conseils de Sylvain et avec un peu de chance, nous avons tiré notre épingle du jeu en capturant plusieurs superbes dorés, des «lunkers» comme je me plais à les appeler. Nous avons aussi mangé du doré frais sur place (une priorité lors de tout voyage au doré) et nous avons même pu rapporter notre lot de succulents percidés à la maison. Si l’on considère le succès que nous avons aussi connu à l’orignal (voir texte de mon collègue plus bas), on peut dire sans se tromper que notre passage à la pourvoirie Lac à l’Ours Blanc en 2025 fut pour le moins mémorable!

Une expérience de chasse exceptionnelle!

Chasser l’orignal sur un nouveau territoire même prometteur nécessite des préparations avant le fameux premier jour de chasse. Pour notre séjour à la pourvoirie Lac à l’Ours Blanc nous avons été choyés car notre ami Sylvain Desjardins qui avait déjà chassé à plusieurs reprises notre zone de chasse nous a fait découvrir notre territoire durant notre reportage de pêche. Partir avec cet avantage indéniable nous a permis de nous concentrer aux bons endroits dès le début et l’action fut au rendez-vous!

Arrivés à la pourvoirie le 26 septembre en fin d’avant-midi, ce n’est que le lendemain que notre séjour de chasse débutait. Nous avons donc pu parcourir la zone à la recherche d’indices frais. Alors que moi et Denis prospections, Richard et Daniel en faisaient tout autant de leur côté. J’avais en tête un site très précis que je voulais aller vérifier. Il s’agissait d’un secteur plat entouré de quatre montagnes où mes appels pourraient facilement être entendus. J’adore quand mon call résonne dans les montagnes, j’ai vraiment l’impression de ne pas perdre mon temps!

L’endroit précis où je voulais effectuer mes appels ne fut pas difficile à trouver et j’en ai profité pour faire une fausse souille avec les produits Import Export Fourrure. Tout mon scénario était en place pour le lendemain matin.  Je n’avais décelé aucune trace fraîche mais j’étais très confiant que nous aurions de l’action à cet endroit précis ou dans les environs. De leur côté, Daniel et Richard sont revenus au chalet gonflés à bloc après avoir découvert une multitude de traces fraîches dans un autre secteur de la zone.

Secteur choisi par le rédacteur en chef, Louis Turbide, pour effectuer sa séance d’appel du lendemain matin. Dans la préparation on voit la fausse souille (en avant plan) effectuée avec les produits Import Export Fourrures.

LA CHASSE À L’ORIGNAL À LA POURVOIRIE DU LAC À L’OURS BLANC

Il y a 9 zones de chasse sur le territoire. Dans certains cas les chalets se trouvent au site principal alors que pour d’autres secteurs les camps sont directement dans la zone. La durée des séjours est de 7 nuitées (8 jours) et les groupes doivent être composés d’un minimum de 2 chasseurs. Rappelons aussi que sur le site principal on retrouve une grande chambre froide permettant d’accueillir votre précieuse récolte par temps chaud comme ce fut notre cas l’an dernier. Il s’agit d’un avantage indéniable pour continuer à profiter du séjour après la récolte et éviter de devoir quitter en catastrophe pour apporter la viande chez un boucher. Comme la pêche au doré et brochet est permise durant l’orignal, il peut être intéressant de demeurer quelques jours de plus après une récolte rapide. Il ne faut pas oublier toutefois que la pêche est uniquement permise dans notre zone et sur le lac principal (Ours Blanc)

Le lendemain matin, les deux équipes ont pris chacun leur chemin alors que le soleil n’était pas encore levé. C’était un matin parfait sans vent et très frais. Moi et Denis avons donc emprunté un vieux sentier jusqu’à temps que nous bifurquions dans une jeune plantation de pins gris. À la minute qu’on a quitté le sentier et que nous risquions de faire un peu de bruit j’ai commencé à imiter un veau orignal qui parle avec sa mère pour signifier que des orignaux étaient en déplacement. Le parcours dans la plantation était d’à peine 500 pieds. Rendu sur place, j’ai débuté l’installation de mon antenne Starlink car je désirais capter la scène en LIVE si tout fonctionnait comme prévu.

Alors que j’étais prêt à débuter mes appels, j’entends une timide réponse de mâle à ma droite dans la montagne. Immédiatement je démarre le LIVE et procède à mes premiers appels. Le mâle me répond et progresse vers nous. On l’entend très bien dans l’enregistrement. Wow! Je décide alors de me déplacer vers la gauche pour tenter de le faire passer devant la caméra, n’ayant pas de caméraman pour me suivre. Le mâle continue de me répondre mais soudainement sa progression cesse. J’évalue qu’il est à environ 500 pieds à ma droite derrière un petit buton et s’il continue d’essayer de nous contourner il va tomber sur notre odeur.

Je dois réagir rapidement sinon tout peut basculer. Je décide de me rapprocher et rendu devant la caméra je tombe en mode buck en faisant du rattling très léger. Le stratagème fonctionne et le mâle me répond sans pour autant avancer vers nous. Il est bloqué comme on dit.  Après quelques tentatives, je fais signe à Denis de me suivre. Avant le début de ce voyage, j’avais promis à Denis que je ferais tout pour lui faire récolter son premier buck à vie et on est si près du but que faire passer l’orignal devant la caméra en LIVE devient bien secondaire.

Alors que la caméra continue de filmer, nous continuons notre approche vers le mâle qui réagit à chaque rot de buck que je fais ou à chaque frottage de ma palette. Soudain je l’aperçois! Il est à environ 100 pieds face à nous. Je demande à Denis qui me suit s’il le voit. Me faisant signe que non, sous l’effet de l’adrénaline je prends Denis par le collet de son manteau, le soulève de terre et le positionne parfaitement. Maintenant, le vois-tu? Oui! Et bien tire! Denis bien concentré tire le mâle qui part à la course. En callant je réussis à le faire arrêter et Denis en profite pour tirer à nouveau sur le mâle. L’orignal fait quelques pas, titube et tombe au sol! On peut entendre toute la scène dans le  LIVE qui continuait à filmer.

Scène de chasse en Facebook Live ou on entend clairement Louis effectuer son call maheu de même que le buck répondre aux appels. Vers la fin même si on ne voit pas la récolte, on entend l’approche finale avec rattling et call de buck et bien sûr les cris de joie finaux… Il se déroule exactement 10 min 35 sec entre le premier call de femelle et la récolte de Denis.

C’est vraiment un moment magique et après 32 ans de chasse, Denis peut enfin savourer l’expérience de tuer un buck sur le call! Très émus tous les deux, nous nous sautons dans les bras! Que ce soit moi ou un de mes partenaires qui appuie sur la détente, c’est pour ce genre de moment d’adrénaline pure que je chasse! Au total la chasse aura duré environ 15 minutes mais wow la pourvoirie du Lac à l’Ours Blanc nous aura faire vivre un moment qui restera gravé pour toujours dans nos cœurs.

Découverte de l’orignal après le tir de Denis Girard. Louis explique le déroulement de la chasse.

Sortie de l’orignal de la forêt avec les VTT.

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